MIGUEL DE CERVANTES

 

 

Miguel de Cervantes – retrato atribuido a Juan de Jáuregui.1

Miguel de Cervantès est l’écrivain le plus connu mondialement, de la littérature espagnole. Son nom reste associé au personnage de Don Quichotte, « le chevalier à la triste figure » et aux aventures rocambolesques.

Miguel de Cervantes – Plaza de España – Madrid – Foto Carlos Delgado

Bien qu’on ait peu de détails sur la vie de Cervantès, on sait cependant que, comme celle du célèbre hidalgo, elle a été remplie d’aventures et de difficultés.

Miguel de Cervantes – Torre de la iglesia de Santa María la Mayor de Alcalá de Henares donde bautizaron a Cervantes – Foto Crates

Miguel de Cervantès est né à Alcalá de Henares en 1547. Son père est un modeste chirurgien-barbier, dont la situation financière, toujours précaire, oblige la famille à changer souvent de résidence. Le jeune Miguel passe son enfance et une partie de son adolescence à Valladolid d’abord, puis en Andalousie.

Miguel de Cervantes – lápida conmemorativa de los estudios del autor en la calle de la Villa en Madrid – Foto Raimundo Pastor

De retour à Madrid, il reçoit pourtant une bonne éducation et devient disciple de l’humaniste Lopez de Hoyos.

Miguel de Cervantes – La batalla de Lepanto de artista desconocido

À l’âge de 20 ans, il part pour Rome et s’enrôle dans l’armée (la Sainte Ligue) où, en 1571, sous les ordres de Don Juan d’Autriche, il participe à la bataille de Lépante, contre les Turcs. Il y reçoit plusieurs blessures et perd l’usage de la main gauche, ce qui lui vaut le surnom de « manco de Lepanto » (manchot de Lépante).

Miguel de Cervantes – Argel en el siglo XVI

En 1575, il décide de rentrer en Espagne, mais la galère « El Sol » dans laquelle il voyage, est attaquée par les Barbaresques qui l’emmènent à Alger. Après cinq ans de captivité et plusieurs tentatives d’évasion manquées, les Pères trinitaires obtiennent sa libération en 1580.

Miguel de Cervantes – La galatea 1585

De retour dans sa patrie, il constate que sa famille est ruinée. Il se marie, mais se sépare de son épouse peu de temps après. Son premier roman « la Galatée » n’a aucun succès.

Pressé par les besoins financiers, Miguel de Cervantès finit par trouver un emploi officiel : il est chargé de percevoir un impôt en Andalousie, pour approvisionner la flotte de « l’Invincible Armada ». En 1597, endetté, il est arrêté et incarcéré dans la redoutable prison de Séville.

Miguel de Cervantes – Casa del escritor en Valladolid entre 1604 y 1606 – Foto Lourdes Cardenal

Quelques années plus tard, en 1604, il s’installe à Valladolid où réside la Cour et en 1605, il publie la première partie de « Don Quichotte de la Manche » qui connaît un succès immédiat.

Miguel de Cervantes – Primera edición del Quijote (1605)

Il suit la cour de Felipe III qui établit sa résidence à Madrid et bénéficie de la protection de nobles et en particulier du Duc de Lerma.

Miguel de Cervantes – Estatua de cera de Cervantes – Museo de cera de Madrid – Foto Tamorlan

À partir de ce moment, il consacre tout son temps à l’écriture et publie « Les nouvelles exemplaires », « Le voyage du Parnasse », huit comédies, huit intermèdes et en 1615 la seconde partie de « Don Quichotte ».
Mais pourtant, même si ses œuvres sont alors reconnues, sa situation économique reste précaire jusqu’à sa mort en 1616.

Cervantes fut enterré à Madrid, dans une chapelle qui appartenait au couvent des Trinitaires.

Cervantes fut enterré à Madrid, dans une chapelle qui appartenait au couvent des Trinitaires.

Miguel de Cervantes – El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha

De toutes les œuvres de Miguel de Cervantès, « Don Quichotte de la Manche » est celle qui a marqué l’histoire de la littérature universelle. Déjà traduite en français et en anglais du vivant de son auteur, ce chef-d’œuvre est le deuxième livre le plus lu au monde, après la Bible.

Miguel de Cervantes – Firma del escritor

Lorsqu’il a entrepris l’écriture de Don Quichotte, l’intention de Cervantès était simplement de faire une parodie de ces romans de chevalerie aux héros fantastiques, qui plaisaient tant aux générations précédentes et que beaucoup de gens lisaient encore.
Mais il a fait beaucoup plus car il a inventé un genre nouveau, une nouvelle façon de créer un long récit : le roman tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Les œuvres de Miguel de Cervantes sont patrimoine de l’humanité.

ALCALA DE HENARES, LA VILLE DE CERVANTES

 

 

 

Alcala de Henares – Plaza Cervantes – Photo santiagolopezpastor

La ville d’Alcala de Henares appartient à la communauté de Madrid et se trouve à 31 kilomètres de la capitale, dans la vallée de la rivière Henares, affluent du Tajo.
La vallée de la rivière Henares est habitée depuis l’époque néolithique. Les Romains y construisirent la ville de Complutum et les arabes la forteresse militaire d’Al-Qalat.
Reconquise en 118 par les chrétiens, Alcala de Henares devint le siège de l’Archidiocèse de Tolède, mais aussi un lieu où se mêlaient des cultures différentes. À la fin du Moyen Âge les communautés juive, musulmane et chrétienne, vivaient en paix.

Alcala de Henares – Universidad – Foto M.Peinado

En 1499, le cardinal Cisneros fit construire la prestigieuse Université Complutense, l’une des plus vieilles d’Europe, où se formèrent plusieurs écrivains importants. L’ensemble des monuments été déclaré patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. C’est à partir de cette date que la ville commença à se développer de façon importante, jusqu’au XVIIe siècle où elle se trouva à son apogée.

Alcala de Henares – Entrée maison natale de Cervantes- Photo M.Peinado

Alcala de Henares est aussi le lieu de naissance de Miguel de Cervantès, auteur de l’une des plus grandes œuvres de la littérature universelle. « Don Quichotte de la Manche ».

 

Alcala de Henares – Casa Cervantes – Foto M.Peinado

La visite de la maison natale de l’écrivain est très intéressante… et gratuite, et l’on peut admirer une magnifique collection de plusieurs éditions anciennes de « Don Quichotte ».

Alcala de Henares – Plaza Cervantes – Photo M.Peinado

La Place Cervantès est l’ancienne place du marché. C’est aujourd’hui un endroit emblématique de la ville et un point de rencontre social et culturel.

Alcala de Henares – Capilla del oidor – Foto Superchilum

Tout près, la Chapelle del Oidor, de style mudéjar, prés de l’ancienne église de Santa-María qui fut détruite pendant la guerre civil, conserve les fonts baptismaux de Miguel de Cervantès.

Alcala de Henares – Calle Mayor – Foto Emilio emijrp (CC-BY-SA)

La calle Mayor est une des rues principales de la ville. Elle fut construite au XIIe siècle et suit le tracé de l’ancienne voie romaine.

Alcala de Henares – Pórticos de la Calle Mayor – Foto Cruccone

Elle a toujours été très commerçante et c’est une des rues à arcades, les plus longues d’Europe. Au Moyen Âge les colonnes étaient en bois. Elles furent remplacées par des colonnes en pierres au XIVe siècle, puis par des piliers au XIXe siècle.

Alcala de Henares -Palais des archevêques – Photo Raimundo Pastor

Le Palais des Archevêques est un palais-forteresse construit en 1209 et restauré de nombreuses fois. C’est là que Christophe Colomb rencontra les Rois Catholiques avant de partir pour l’expédition qui lui fera découvrir l’Amérique.

Alcala de Henares – Catedral Magistral de Alcalá de Henares-

L’Église Magistral-Catedral de los Santos Niños Justo y Pastor, de style gothique, fut édifiée entre le XVe siècle et le XVIe siècle sur une ancienne chapelle dédiée à deux enfants martyrs, Justo et Pastor, qui sont les saints patrons de la ville. C’est la seule, avec l’église Saint-Pierre de Louvain en Belgique, qui détient le titre de magistral qui  implique que tous les chanoines doivent être docteurs en théologie.

Alcala de Henares – Corral de Comedias – Foto Raimundo Pastor

Alcala de Henares conserve l’un des plus anciens théâtres d’Europe, le Corral de Comedias construit en 1601 et qui continue à offrir des représentations théâtrales ou musicales.

Alcalá_de_Henares-museo_cisneriano-DavidDaguerro

Le Palais Laredo de style néo-mudéjar date du XIXe siècle. Il abrite le musée Cisneriano.

Alcala de Henares -Puerta de Madrid – Foto Pavlemadrid

La Porte de Madrid que l’on voit aujourd’hui est de 1788 et a remplacé la porte médiévale qui faisait partie des remparts de la ville. Elle s’ouvre sur l’ancienne route qui conduit à Madrid. À Madrid, la puerta de Alcala correspondait à l’autre extrémité de la même route.